Bloqué au Chili

Bon d’accord j’aime bien ce pays et ses habitants, mais là faut pas pousser.

 

Après un long périple pour atteindre le nord du pays, traverser le désert d’Atacama, lézarder sur les plages du Pacifique. Me voici maintenant à Arica, une ville à l’extrême nord du pays, passage obligé pour atteindre la Bolivie ou le Pérou.

D’abord j’ai voulu aller à La Paz (en Bolivie donc), mais au vu des conditions climatiques, j’ai annulé mon déplacement et suis resté un jour de plus à l’auberge. Puis j’ai voulu aller  au Pérou, rejoindre Tacna, de l’autre côté de la frontière, avant de me rendre à Arequipa la ville blanche du Pérou.

Mais quelle ne fut pas ma surprise ce matin en arrivant au terminal de bus international et en voyant la masse de gens qui attendait patiemment. Après quelques échanges dans une langue qui n’a plus de secrets pour moi (je parle de la langue des signes bien entendu), j’ai compris que la frontière était fermée et que tous les transports sont annulés. Au début j’ai cru que c’était encore une fois du fait des conditions climatiques sur lesquelles je vais m’attarder un instant (alors si vous n’en avez que faire allez faire un tour à la fin du texte pour connaitre la vraie raison).

Il faut savoir qu’il existe en Bolivie ce qu’on appelle “El invierno Altiplanico” ou “Invierno Boliviano” (comprenez l’hiver bolivien). Chaque année, de janvier à mars, c’est la saison des pluies. les fidèles lecteurs que vous êtes auront déjà compris que cette météo avait compromis mon séjour dans le désert d’Atacama. Mais cette année, au même titre que l’Europe connait l’un des hivers les plus froids de son histoire (chanceux va, ici il fait plus de 35°, c’en est presque insupportable), l’Amérique du sud connait l’une des pires saisons des pluies de son histoire également, due au phénomène El Niño. la saison des pluies actuelle fait donc des ravages, les rivières débordent emportant les ponts, les maisons et les routes sur leur passage. Les rivières tumultueuses se jettent dans l’océan déversant leurs eaux boueuses dans cette eau d’un bleu azurée (tiens c’est joliment dit non ?). Bref c’est la merde.

Donc je retourne à l’auberge et en cherchant quelques informations afin de comprendre ce qu’il se passe, afin de savoir combien de temps va durer cet embargo climatique, le dieu internet m’apporte enfin une autre explication de cette fermeture frontérale (v’là-t-y pas que j’invente des mots). En fait 17 prisonniers se sont échappés d’une prison proche de Puno au Pérou, parmi lesquels des assassins, des kidnappeurs, des trafiquants et des voleurs. Afin d’assurer la sécurité le chef de la police péruvienne à décidé de fermer l’ensemble des frontières du sud du pays avec la Bolivie et le Chili et quelques 3000 policiers et soldats se sont lancés à la poursuite des fugitifs.

Après quelques heures d’attente, une nouvelle information pointe le bout de son nez. Cette fois c’est bien à cause de la rivière, mais il semblerait qu’elle ait charrié sur la route un certain nombre de mines antipersonnel (quelques milliers en fait), héritage de ce bon vieux général Pinochet. L’armée est mobilisée pour faire le ménage mais la rivière continue de ravager le coin et de charger la route en engins explosifs au fur et à mesure que les soldats font le ménage.

Bref, à l’heure où j’écris ces lignes, l’info vient de tomber, la route est encore fermée demain. Avec un peu de chance, j’apprendrai demain que les extra terrestres ont envahi le pays.

Moi au point où j’en suis, je veux bien visiter leur pays également.

 

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