Un nouvel an à bicyclette*

J’ai donc passé nouvel an à Tilcara (cf. “en montagne avec les lamas”)

je suis arrivé dans ce bled dans des conditions particulières. En arrivant à l’auberge (hostel en espagnol), vendue comme l’une des plus ancienne maison du village, je me suis trouvé quelque peu désappointé, pour ne pas dire complètement déprimé.

L’hostel était un lieu d’apparence minable, fait de brique et de broc, où la douche côtoie le wc si bien que vous prenez votre douche et inondez le chiote où vous utilisez le chiote et empestez la douche….(hum glamour)

J’étais le seul et unique client, et en voyant le proprio, au caractère bien bourru, se saouler la gueule à longueur de journée au rhum, je peux vous dire que je n’en menais pas large. Je me suis donc dit “mais qu’est ce que je fais là, en plus j’ai réservé pour 6 jours bonjour la déprime”. Les deux jours qui ont suivis se sont passés en montagne avec mon ami Serge (ben oui, le lama…pfff).

A mon retour l’hostel était rempli de gens. Mais pas des backpackers (routards) comme j’ai pris l’habitude d’en rencontrer durant mon voyage. Non, en fait il s’agissait principalement de locaux d’argentins, de boliviens, de colombiens et d’uruguayens pour qui les grandes vacances viennent de commencer.

La première nuit fut agitée, ils ont fait la fête toute la nuit et moi, usé par les lamas, j’étais comme un pauvre hère dans mon dortoir.

Mais dès la deuxième nuit, la magie s’est installée. Chaque soir, quelqu’un s’est mis à faire les courses et cuisiner pour tout le monde. Et là, j’ai découvert le sens du mot “COMPARTIR” (partager). Avec eux tout se partage, la nourriture, la boisson (chacun n’a pas son verre, mais les verres et les bouteilles se passent de mains en mains)… sauf les femmes bien entendu (à mon grand regret).

Etant le seul français, mais parlant espagnol (ou ce qui s’en approche) j’ai été très vite intégré. Après 3 soirs de fêtes interminables à chercher de quoi boire à 6h du mat dans les rues du village, nouvel an est arrivé.

La soirée de nouvel an à été la plus belle que j’ai passé depuis de nombreuses années. Nous avons fait un ASADO, et sommes partis en bicyclette* dans une peña** perdue à terminer la soirée à point d’heure à danser, chanter et boire bien entendu. J’ai ainsi découvert le vrai visage de l’ASADO (dont je vous parlerai plus tard), les joies du Fernet-Coca (20 litres de fernet pour 30 personnes et je ne parle ni du vin et de la bière).

Une soirée des plus magique, pour laquelle, hélas, aucune photo ne vous traduira ce que j’ai vécu. (de toute façon, étant bourré, toutes mes photos de cette soirée sont floues).

* la bicyclette est ici un moyen de transport de l'esprit plus que du corps
** la peña est un établissement traditionnel entre salle de concert et restaurant. Il y a celles que les guides vous préconisent et qui sont souvent des pièges à touristes et celles plus authentiques, fréquentées uniquement par les locaux.

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